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CONCHYLIOLOGIE

PUBLIÉ SOUS LA DIRECTION

DE MM. CROSSE ET FISCHER.

5e série. Tome VIE.

VOLUME XVE.

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A PARIS, CHEZ H. CROSSE RUE TRONCHET, %.

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CONCHYLIOLOGTE.

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Notes pour servir à l’histoire naturelle de quelques Mollusques de nos côtes, el parti- culièrement des Céphalopodes,

PAR H. CROSSE.

Pendant un séjour d’un mois que nous avons fait en septembre 1866, à Arcachon (Gironde), nous avons pu observer un certain nombre de Mollusques dans des con- ditions se rapprochant beaucoup de l’état de nature. En effet, le grand Aquarium qui y a été fondé récemment comprend non-seulement de nombreux compartiments vitrés pour les exhibitions ordinaires de Mollusques et d’autres animaux marins, mais encore des bassins à fleur de terre, larges et peu profonds, permettant d'observer, d'une façon très-salisfaisante, les habitudes, la manière de vivre et les procédés de locomotion de tous ces êtres curieux (4). Il serait vivement à désirer que l'on créât des

(4) Nous adressons ici tous nos remercimenis aux naturalistes zélés qui sont à la tête de cet utile établissement, et particulière-

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établissements semblables dans les principaux ports de notre littoral. Rien ne serait plus propre, selon nous, à inspirer le goût des sciences naturelles et à favoriser les études des observateurs :

4. CarpiumM NorveGicum, Spengler.

L'area géographique de cette jolie espèce paraît être d’une grande étendue. On la trouve, en effet, aux îles Feroë, sur les côtes de Norvége, dans la Manche, sur tout le littoral océanique de France et d’Espagne, et jusque sur les côtes des archipels de Madère et des Canaries : de plus, elle vit dans la Méditerranée. Elle est très-abon- damment répandue en dehors du bassin d'Arcachon et se trouve aussi, bien que moins communément, sur quelques- uns des bancs de sable de l’intérieur, nous l'avons re- cueillie plusieurs fois à l’état vivant. L'animal est blan- châtre : le pied et le manteau sont marqués de taches allongées d'un roux clair, reproduisant exactement le ton des côtes umbono-marginales de la coquille chez les indi- vidus jeunes. Ce Mollusque se déplace facilement à l’aide de son pied, qui est puissant et très-développé : il fait même des sauts assez considérables, qu’il opère brusquement et comme poussé par la détente d’un ressort.

2. PECTEN MAxIMUS, Linné.

Le Pecten maximus a des habitudes beaucoup moins tranquilles que celles de la plupart des autres Acéphalés. Il reste rarement à la même place pendant un long espace de temps, et nous ne connaissons guère que les Lima qui soient d'une humeur plus vagabonde. Ses procédés de

ment à MM. Hameau, Lafont et Filloux pour leur accueil bien- veillant. H:C;

ER, LES locomotion sont fort curieux. Il parcourt des espaces de 1 à 2 mètres eu battant l'eau avec ses valves entr'ouvertes, et progresse ainsi, l'ouverture des valves en avant, les cro- chets en arrière. I s’arrêle ensuite pour recommencer le même manége quelque temps après. S'il se heurte dans l’eau à quelque obstacle, le choc le fait (tourner sur lui- même et parfois même couler à fond, mais sans le décou- rager le moins du monde, et sans l'empêcher de recom- mencer, un peu plus tard, le cours de ses pérégrinations. Le moment le plus favorable à l’observation de ces faits curieux était l'heure à laquelle on changeait, à l’Aqua- rium, l'eau du bassin qui contenait ces Mollusques. Il y avait toujours alors, parmi eux, agitation marquée et re- crudescence d’évolutions.

Dans le bassin d'Arcachon, le Pecten maximus vit sur les crassats, au milieu des plantes marines, mais toujours à au moins 80 centimètres ou 1 mètre au-dessous du ni- veau des plus basses marées. Les pêcheurs emploient, pour le découvrir sous l’eau, un moyen fort simple, mais dont nous avons pu nous-mèême constater l'efficacité. Lorsqu'on arrive à un endroit que l'on suppose fréquenté par ces Mollusques, il suffit de faire silence, d’abaisser la tête près du niveau de l’eau et de prêter une oreille attentive. S'il se trouve un Pecten maximus dans les environs, il ne manque pas, fidèle à ses habitudes remuantes, de frapper de temps en temps ses valves l’une contre l’autre, ce qui produit un bruit sec très-facilement perceptible. Ce bruit décèle la présence de l’animal et indique en même temps l'endroit précis dans lequel il se trouve. Il ne reste plus qu'à s'approcher avec précaution, et à plonger la main dans l’eau, à cet endroit, pour capturer le Mollusque, vic- time de ses bruyantes manifestations.

se 5. LoziGo vuLGaris, Lamarck.

Nous avons eu occasion de voir cinq de ces Hollusques dans l’Aquarium d'Arcachon. Malheureusement, ces ani- maux, qui sont essentiellement pélagiens et ne se rap- prochent du littoral qu'accidentellement ou au moment de la ponte, ne paraissent pas pouvoir s’habituer à une captivité qui change du tout au tout leurs habitudes et leurs conditions d'existence. Trois sont morts le lendemain de leur entrée dans l'Aquarium, et les deux autres ont succombé le surlendemain. Les Calmars sont très-vifs et toujours en mouvement. Leur mode habituel de natation est très-original. Il consiste en une suite d’évolutionsalter- nant d'arrière en avant et d'avant en arrière, évolutions comparables au mouvement d'une balançoire. Dans ce système de locomotion, les nageoires terminales paraissent exercer une action prépondérante. C’est, au contraire, le siphon ou tube locomoteur qui agit exclusivement lorsque l'animal a besoin d’avoir recours à la natation accélérée : les nageoires devenues inutiles cessent d’être déployées et

viennent s'appliquer en dessous de la partie postérieure du sac.

4. SEPIA OFFICINALIS, Linné.

Les Seiches sont très-communes dans le bassin d’Arca- chon, et chaque fois que l’on pêche à la seine, il est rare que le filet n’en ramène pas plusieurs; mais, pour les con- server vivantes, il ne faut les laisser que le moins long- temps possible hors de l’eau, car, dans cette situation, elles meurent très-vite.

Leurs allures ordinaires sont beaucoup moins vives que celles des Calmars. Nous avons vu, dans l’Aquarium, des Seiches rester, pendant plus d’une demi-heure, à la même

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place, entre deux eaux, dans une position horizontale, et sans opérer d’autres mouvements qu'une ondulation à peine sensible des nageoires marginales du sac. Les au- teurs modernes ne sont point encore parfaitement d'accord au sujet des procédés de locomotion des Seiches.

D'Orbigny avait admis, d’une façon absolue, que la na- tation rétrograde des Céphalopodes $'opérait entièrement au moyen du refoulement de l’eau par le tube locomoteur que d’autres auteurs désignent sous le nom d’entonnoir ou de siphon.

En ce qui touche la Seiche, Vérany (1) attribue sa marche progressive « à Paction des bras inférieurs qu’elle « penche en avant de la tête et emploie comme de puis- « santes rames, son corps étant horizontal. Les nageoires, « ajoute-t-il, ne sont pour elle qu'un balancier dont le « mouvement est continuel et ondulatoire : les six bras « supérieurs ne lui servent qu'à fendre l’eau, et même «_ qu'à la tenir en équitibre, car elle les porte générale- « ment très-serrés entre eux et sur un plan horizontal.

Notre collaborateur, P. Fischer, qui a récemment pu- blié, dans un travail fort intéressant (2), le résultat des observations qu’il avait faites à Aquarium d'Arcachon sur les Céphalopodes, con$idère les Seiches comme ayant re- cours à deux procédés mécaniques différents, selon que la natation est modérée ou accélérée. La progression modé- rée, qui est l'allure habituelle de ces Aollusques, s'opère aussi aisément en avant qu'en arrière : elle s'effectue à l'aide des ondulations des nageoires marginales du sac. La progression accélérée, qui a lieu lorsque l'animal est in- quiété ou poursuivi, est rétrograde, très-rapide, et s'opère

1) Céphalopodes de la Méditerranée, p. 69. 2) Annales des sciences naturelles, 1866, p. 308-320.

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par mouvements saccadés. «Avant de s’élancer en ar- « rière (1), l’animal écarte ses bras, puis les réunit brus- « quement ; les nageoires, réduites à l’inaction, se re- « plient à la face ventrale du sac ; l’extrémité postérieure « de l’une d’elles recouvre celle du côté opposé. L'animal « ainsi lancé parcourt d’un bond un espace considérable : « durant le trajet, les bras s’écartent, le corps est exacte- « ment horizontal ; un nouveau rapprochement des bras « provoquera une secousse suivie des mêmes effets. La « natation accélérée est donc le résultat de l’action des « bras, et surtout de ceux de la quatrième paire taillés « comme des rames et pourvus d’une large crête nata- « toire. » Le jeu de l’entonnoir, d’après l’auteur, peut être considéré comme un auxiliaire qui, s’il est utile aux mouvements, ne sert qu’à la natation rétrograde très- rapide.

Un autre naturaliste, qui a eu également occasion d’ob- server les Seiches à l’état vivant, M. P. Bert, pense que l’entonnoir de ces animaux leur sert, d'ordinaire, pour se diriger dans tous les sens et même en avant (2). « Dans « ce dernier cas, l'animal recourbe fortement l'ouverture « de l’entonnoir en arrière et en bas. Il est ainsi, par le « rejet violent de l’eau, projeté en*avant et en haut : les « bras allongés en pointe et la nageoire marginale régu- « larisent le mouvement... Au reste, la nageoire margi- « nale peut aussi, comme l’a dit Fischer, suffire à la lo- « comotion, soit en avant, soit en arrière. » Le même auteur, moins de deux mois après la publication de la première note, devient plus exclusif, et cesse d'admettre l'usage de la nageoire marginale, chez la Seiche, pour la

(1) Fischer, loc. cit., p. 312. (2) Notes d'anatomie et de physiologie comparées, p. 33 (25 juin 1867).

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progression (1). « Malgré des assertions récentes, dit-il, « elle (la locomotion des Seiches) a lieu exclusivement « par les contractions du sac en avant comme en arrière « et sur les côtés; la direction de l’entonnoir règle le « mouvement de l'animal (2). »

En ce qui nous concerne, voici le résultat de nos obser- vations. Nous avons reconnu l'existence, chez les Seiches, de deux procédés de natation dus à des moyens d'action différents.

Le premier, qui s'opère par les contractions du sac et le jeu de l'entonnoir, est, en outre, favorisé par l’action énergique des bras et surtout de ceux de la quatrième paire, lorsque l'animal, pour un motif quelconque, veut arriver à son maximum de vitese. C’est ce que Fischer appelle la progression accélérée : elle est toujours rétro- grade et saccadée. D’un autre côté, il est très-vrai que l'animal peut, ainsi que l'a dit M. Bert, se diriger égale- ment en avant, à l’aide de son entonnoir, dont il recourbe fortement l'ouverture en arrière et en bas : sa progression est alors moins vive, et il laisse ses bras allongés en pointe. Dans cette position, le rejet violent de l’eau le pousse en avant et en haut.

Le deuxième procédé de natation nous a toujours paru s'effectuer uniquement à l’aide des ondulations des na- geoires marginales du sac. Ces ondulations commencent à l'extrémité postérieure et s'effectuent d'arrière en avant, lorsqu'il veut aller en arrière. Quand il passe d’une allure à J’autre, on voit se produire immédiatement un renver- sement dans la direction des ondulations des nageoires : seulement, il faut une bonne vue et beaucoup d'attention

(1) Comptes rendus de l’Académie des sciences, 12 août 1867, p. 300.

(2) P. Bert, loc. cit., p. 301 (en note).

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à l'observateur pour saisir le moment précis de ce renver- sement, dont, pour notre part, nous avons été témoin plus de vingt fois. Ce deuxième mode de progression, doux, continu, nullementsaccadé, est plus lent que l’autre, mais il doit être beaucoup moins fatigant pour l'animal. Il nous semble qu’on peut le considérer comme son allure habi- tuelle, car c’est celui dont il se sert pendant le plus long espace de temps.Quelquefois, les ondulations, devenant de plus en plus faibles, finissent par se réduire à une sorte de léger frisson, et l'animal plane entre deux eaux, toujours dans une position horizontale et pour ainsi dire sans chan- ger de place : elles ne servent plus alors qu’à le maintenir dans sa position.

En présence de ces faits qui sont constants, et surtout du renversement dans la direction des ondulations qui accompagne chaque changement de mouvement en avant ou en arrière, et dont les effets presque instantanés sont comparables à ceux du renversement de la vapeur dans les locomotives, nous avouons ne pas comprendre comment M. Bert a pu s’avancer jusqu’à soutenir, comme on l’a vu plus haut, que la locomotion des Seiches avait lieu exclu- sivement par les contractions du sac et le jeu de l’enton- noir.

Tous les observateurs qui ont vu des Seiches à l’état vi- vant, dans un Aquarium, ont pu constater la ressemblance singulière, que la tête de ces animaux, lorsqu'ils sont à l'état de repos, présente avec celle d’un éléphant, par suite de la réunion des bras en une sorte de masse pyra- midale à sommet incliné d’arrière en avant et en bas. Cette attitude et le semblant de trompe que forment les bras des trois premières paires donnent aux Seiches une apparence des plus singulières et rappellent à l'esprit la figure que la mythologie indienne prête au dieu Ganesa.

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Jusqu'à ces derniers temps, on ignorait à quel usage précis servaient aux Seiches les deux longs bras tentacu- laires qui, à l’état vivant, ne font jamais saillie, mais, au contraire, sont rétractés et roulés en crosse à l’intérieur de la cavité formée par la réunion des bras sessiles, tandis que, l’animal une fois mort, ils s’allongent de façon à dé- passer deux fois la longueur de ces derniers.Ces deux bras servent à la préhension de la proie. Notre collaborateur Fischer a, l’automne dernier, été témoin du fait à l’Aqua- rium d'Arcachon. Ayant introduit un petit poisson dans un compartiment se trouvaient des Seiches, il a vu l’une de ces dernières le saisir au passage, à l’aide de ses deux longs bras, brusquement déroulés et détendus comme par l'effet d’un ressort, puis le ramener aux bras courts qui l'ont enveloppé et maintenu définitivement à portée du bec central. Dans cette situation, la Seiche nageait en mordant à mème sa proie : une fois son appétit satisfait, elle abandonna ce qui restait de sa victime et reprit ses allures habituelles. Il y a tout lieu de croire que les longs bras servent également à la préhension chez les autres Décapodes.

5. Ocropus vuLGaRiIs, Lamarck.

Les changements de couleurs que les Poulpes opèrent à volonté sont connus depuis longtemps des naturalistes, mais toujours très-curieux à observer. On peut dire de ces animaux qu’ils empruntent successivement toutes les cou- leurs de l’arc-en-ciel, le bleu excepté. À la moindre émo- tion, ou même sans cause apparente, ils passent du brun au blanc, au jaune, au noir ou au violet. Parfois aussi, on voit apparaître, sur diverses parties de la tête ou du sac, des rugosilés qui disparaissent brusquement, comme elles sont venues.

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Les Poulpes recherchent, comme lieu de retraite, les trous et les crevasses des rochers : ils aiment à se cacher sous les pierres, et, dans les bassins de l’ Aquarium, ils se logeaient de préférence sous des tuiles creuses que l’on y avait placées. Nous avons autrefois observé ces animaux dans le golfe d’Ajaccio, ils sont très-communs : ils sy logent également dans des trous de rochers dont ils font leur station habituelle, et qui sont facilement reconnais- sables à de nombreux débris de coquilles et de crustacés qui les entourent.

La natation du Poulpe est ordinairement rétrograde et nous à paru, contrairement à ce qui se passe chez les Seiches, $ opérer uniquement à l'aide de l’entonnoir : dans ce mode de progression, les bras réunis en faisceau restent allongés et inertes, et le sac se gonfle et se dégonfle suc- cessivement pour le jeu du tube locomoteur. Néanmoins, l'animal peut aussi se porter en avant, à l’aide de ce tube, dont il recourbe alors l’ouverture en arrière et en bas. Nous avons vu aussi quelquefois, à Arcachon, des Poulpes ramper sur le fond des bassins en se servant de leurs bras: l’allure est lente dans ce dernier cas.

Les Poulpes de l’ Aquarium vivaient principalement de Cardium edule, qu'ils saisissaient avec leurs bras (généra- lement ceux de la première paire), et qu’ils attiraient en- suite vers la bouche. Un fait singulier nous a frappé. Plu- sieurs fois il nous est arrivé de prendre des Cardium edule parfaitement vivants et fermés, par conséquent, avec la ténacité qu’apportent les Acéphalés à cette mesure de sûreté. Nous les jetions, un par un, dans le compartiment du plus gros des Poulpes et dans son voisinage. L’animal, étalé nonchalamment sur un morceau de roche, allongeait un des bras vers la coquille, la saisissait en la fixant à l'aide de ses ventouses, et la ramenait ainsi vers sa bouche.

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Nous ne pouvions plus rien voir alors, à notre grand dé- sappointement, car, lorsque le Poulpe mange, non-seule- ment sa bouche, mais encore sa proie, sont complétement cachées par la partie membraneuse qui réunit ses bras à leur naissance. L'opération s'accomplissait donc. derrière un véritable écran, mais nous étions sûr de voir, cinq mi- nutes après, un des bras rapporter au dehors et rejeter la coquille du Cardium ouverte sans le plus petit vestige de fracture, sans même la moindre trace d’érosion du test, et avec son ligament parfaitement intact. Le Mollusque seul manquait, ayant été complétement dévoré. Trois individus vivants de Cardium edule ont, un jour, sous nos yeux, successivement disparu pleins et fermés et reparu vides et ouverts, sans nous en apprendre davantage. Quels sont les procédés auxquels le Poulpe a recours pour forcer l’Acé- phalé, dont il fait sa proie, à s'ouvrir volontairement, ou pour l'ouvrir lui-même sans trace de fracture ou d’érosion appréciable ? Est-ce par l’action de ses ventouses ? Nous le supposons, sans être toutefois en mesure de pouvoir l’affirmer catégoriquement, et, en tous cas, nous signalons ce fait curieux à l'attention des naturalistes. HC

Sur l’accouplement du KLittorina rudis,

PAR P. FiscHERr.

À la fin du mois de septembre 1867, j'ai trouvé les rochers émergents de Trouville (Calvados) peuplés de Lit- torina rudis. Ces Mollusques étaient presque tous accou-

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plés, quoique la saison fût avancée; chaque couple était formé rarement d'individus adultes et de même taille; plus souvent, d'individus de taille très-disproportionnée. Le mâle ou la femelle était indifféremment un jeune in- dividu atteignant à peine la moitié de sa grandeur nor- male. Je n'avais jamais observé de Mollusques si jeunes livrés à l’acte de la reproduction.

Les trous de rochers renfermaient des Littorina rudis de toutes les dimensions; quelques-uns venaient d’éclore. M. Bouchard-Chantereaux avait déjà signalé des faits ana- logues chez le Littorina lhittorea : « Us n’ont pas, dit-il, de saison fixe pour l’accouplement, toute l’année on en voit effectuant cet acte, comme aussi on voit les petits des uns de toutes grosseurs, et les œufs des autres à tous les degrés de développement (1). »

M. Johnston a rencontré les Lafiorina rudis, ainsi que les Liltorina obtusata, accouplés dans le cours du mois de novembre. M. Bate a observé des Littorina rudis accou- plés, dont les femelles renfermaient non-seulement des œufs à diverses périodes de développement, mais encore des jeunes parfaitement formés (2).

L'accouplement et la ponte en tous temps, ainsi que l’accouplement entre très-jeunes individus, sont donc des faits communs chez les Litorines, mais rares chez la plu- part des Mollusques, qui sont soumis, comme Îles autres animaux, à l'influence d’une période annuelle d'activité des organes génitaux.

M. Thompson enfin a vu, à Weymouth, plusieurs cas d’accouplements adultérins entre les Littorina rudis et oblusala ; Le rôle de mâle était toujours rempli par le Lat-

(1) Catalogue des Mollusques marins observés sur les côtes du Boulonnais, p. 59. (2) Jeffreys, British Conchology, 1. IT, p. 367.

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torina ruds (4); en Irlande, M. Battersby a pu confirmer les observations de M. Thompson (2); quant au produit de ces accouplements, il n’est pas connu. M. Thompson sup- pose que la variété de Littorina obtusata appelée Liltorina palliata est un hybride, mais cette hypothèse est peu ad- missible, car la variété palliala ne vit pas dans la localité même les accouplements adultérins ont été observés. PE,

Note sur le Breissena polymorplha,

PAR J. B. GASSIES.

$ LE. -— Tous ceux qui s'occupent de Malacologie flu- viatile connaissent le Dreissena polymorpha, espèce de moule d’eau douce décrite, depuis longtemps, sous les noms de MHytilus polymorphus par Pallas, et Mytilus Volgæ par Chemnitz.

Il n’est pas de collecteurs qui ne possèdent au moins quelques spécimens de la coquille dont la provenance est souverit incertaine, mais dont les affinités avec les Moules marines ont frappé leur esprit.

Ce Mollusque, originaire de l'Orient, s’est répandu dans l’Europe centrale, avec lenteur d’abord, puis avec assez de rapidité, et ensuite dans presque tous les ca-

(4) Annals and Mag. nat. hist., p. 76 (1852). (2) Jeffreys, loc. cit., p. 359.

RER ep naux, fleuves et cours d’eau, au point d'envahir les lieux il s’est fixé.

Nos rivières du Midi et du Sud-Ouest en étaient dé- pourvues, mais tout faisait présager son apparition pro- chaine; aussi cherchions-nous avec un soin scrupuleux le moindre indice qui püt nous mettre sur la trace de ce Mol- lusque dans la Garonne ou dans le canal latéral.

Enfin, pendant le mois de septembre de 1865, notre honorable compatriote M. Lacaze-Duithiers remarqua, dans la gare du canal, à Agen, sur la vase desséchée, quelques valves de Dreissena. N'ayant pas les mêmes rai- sons que nous de signaler ce fait, il ne s’en préoccupa pas davantage; mais, sur la nouvelle que nous lui annon- çâmes, le 49 septembre 1865, que ce Mollusque vivait dans la Garonne, nous venions de le signaler, il se rappela sa découverte antérieure à la nôtre, et nous pûmes alors préjuger, d’après la taille des individus, l'époque approximative de l'introduction du Dreissena, tant dans le canal que dans la Garonne.

Nous pouvons affirmer que rien ne dénotait sa pré- sence dans l’Agenais.

Depuis que nous n'habitons plus ce pays, nous nous somies néanmoins toujours tenu au courant, par nous- même et par nos amis, de l'état de nos Mollusques, et nous avons pu donner un supplément au récent catalogue publié dans le Recueil de la Société d'agriculture, sciences et aits d'Agen.

Nos fréquents voyages au printemps et à l’automne nous ont facilité la constatation des espèces présentes et rien, jusqu’à ces derniers temps, ne nous avait fait pres- sentir la présence du Dreissena.

Étant, en septembre 1865, à la recherche de l'Ano- donta Gratelupeana dans les flaques de la Garonne, nous

OR À ee aperçümes sur un Caillou, hors de l’eau, deux valves d’un blanc mat que nous pensions appartenir à un jeune Ano- donta: mois, en nous rapprochant davantage, leur forme trigone nous frappa, et, bien qu'éloigné de la certitude, nous dimes à la personne qui nous accompagnait : Voilà enfin le Dreissena polymorpha !

Au même instant, nous trouvâmes, à nos pieds, un Unio Requienti, et sur le rostre nous pûmes constater la pré- sence de ce ollusque y adhérant et parfaitement en viet!

Dès lors, nos recherches se dirigèrent exclusivement sur cette espèce et, en moins d'une heure, nous pümes en recueillir plus de cent individus, dans la petite flaque que nous explorions.

Les coquilles étaient très-petites : elles n'excédaient point 20 millimètres, tandis que celles du canal latéral atteignaient déjà 25 à 28 millimètres.

En comparant la différence de taille, nous devons en conclure que l'introduction de cette coquille dans le canal devait dater alors de deux à deux ans et demi, et, dans la Garonne, d’un an au plus!

Une observation qui peut nous venir en aide dans nos appréciations, c'est que ces Mollusques étaient encore iso- lés dans la Garonne, tandis qu’ils étaient groupés dans le canal, comme ils ont l'habitude de l'être lorsque leur ac- climatation est complète et leur reproduction facile.

Voilà donc la faune du Sud-Ouest augmentée d’un genre nouveau qui n'existait pas aux trois époques nous avons fait le résumé des Hollusques de l’Agenais et de la Gironde (1).

(4) 1849. Tableau des Mollusques terrestres et d'eau douce de l'Agenais, in-4°, 4 pl. col, 1859. Catalogue raisonné des Mol-

19)

Comment ce Mollusque est-il arrivé jusqu’à nous? Le fait nous semble assez important pour que nous cherchions les causes de son émigration.

Tous les conchyliologistes savent que c’est le naturaliste voyageur allemand Pallas, qui, le premier, fitconnaître ce genre sous le nom de Mytilus polymorphus, et, bien qu'il eût appliqué celte appellation à deux espèces différentes, le vocable polymorphus lui est resté, bien que M. Van Beneden, en créant le genre Dreissena, eût parfaitement reconnu les différences qui le séparaient des Mytilus.

Bien que la date de Papparition du Mollusque soit rela- tivement assez récente, sa synonymie est passablement chargée comme nous allons le montrer.

Mytilus polymorphus (partim), Pallas, Voyage en Rus- sie, 1754, app., p. 212. Volgæ, Chemnitz, Conch. Cab., 1795, XI, p. 256, pl. cev, fig. 2028. Hagent, Baër, Inst. Solemn. adj. Myul. descr. nov., 1829. Volgensis, Wood, Ind. test., suppl., 18928, p. 8, pl. ui, fig. 6. Arca, Kickx, Descr. nouv. Moul., 1854. lineatus, Waardenburg, Holl. Belq., p. 38. Toreyi, Stenz, ex spec. a Parreyss nussis. Dreissena polymorpha, Van Beneden, Ann. des science. natur., p. 210, À pl. noire, 1855. Tichogonia Chemnitzit, Rossmässler, Zcon., 1, p. 115, fig. 69, 1855.

lusques terrestres et d'eau douce de la Gironde; in-8° (Act. Soc. Linn. Bord.). 1863. Calalogue statistique des Mollusques ter- restres el d'eau douce vivants et fossiles du département de Lot-et- Garonne (Soc. d’agr., sc. el arts d'Agen).

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Mytlilina polymorpha, Cantraine, in Ann. scienc. nat., VIT, p. 508, 1857.

Les Dreissena n’habitent pas exclusivement P’Asie et l’Europe; plusieurs espèces récemment découvertes en Amérique, dans les eaux douces du lac Pontchartrain, aux Etats-Unis; dans des ruisseaux et torrents à Saint- Domingue, dans le Centre-Amérique et au Sénégal, prouvent suffisamment que leur aire géographique est assez étendue : les terrains tertiaires de la France et de l'Autriche en recèlent même plusieurs espèces fossiles.

L'animal se rapproche beaucoup de celui des Moules marines, surtout par son appareil de fixation qui consiste en un byssus formé de plusieurs fils, s'adaptant parfaite- ment sur les corps résistants, tels que pierres, cailloux, coquilles, bois, etc., etc.

Ce byssus se renouvelle selon la volonté de l'animal, lui permettant de choisir et changer son lieu de station, se grouper sur des individus de même espèce à l’époque du frai, et le couper impunément selon son caprice ou son besoin.

Ou comprend, d’après ce qui précède, avec quelle faci- lité ce Mollusque doit pouvoir être transporté d’un lieu dans un autre, car, s'appliquant aux bois flotiés, aux flancs des barques qui stationnent dans les canaux et les rivières, il se trouve tout à coup transporté à des distances considérables, par le fait des voyages que ces bois ou ces barques font assez régulièrement (1).

(1) Nous avons reçu une centaine d’écrevissesde Hollande par l'habile pisciculteur de Paris, M. Carbonnier. Avant de les mettre dans l'aquarium, nous les avons débarrassées d’une foule de jeunes Dreissena fixés sur la carapace, sur les pinces et sous la partie ventrale. Voilà encore un moyen de migration que l’aqua- rium d’eau douce du Champ de Mars vient de nous révéler!

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Dans le trajet d’un port à un autre, il doit nécessaire- ment se détacher de nombreux individus par les chocs de rapprochement qui ont lieu, et, dès qu'ils sont remis de leur chute, ils cherchent de suite un point d'appui qui les préserve des courants dont l’action les roulerait sur Îles graviers, contre les roches et autres corps durs et entrai- nerait infailliblement leur mort.

Si pendant les pontes il survient une crue d’eau, une inondation, tous les embryons facilement entraînés vont se développer à loisir dans les moindres ruisseaux, et, même, comme cela a lieu à Paris, jusque dans les canaux d’amenée des eaux de la Ville et au Jardin des plantes.

Les pérégrinations de ce Mollusque sont constatées par les étapes diverses il a été remarqué. D'abord c'est Pallas qui le signale dans les fleuves de la Russie orien- tale, surtout dans le Volga; puis on le trouve dans les lacs Onéga et Ladoga; enfin dans la Baltique, dont les eaux, plutôt saumâtres que salées, n’ont pu interrompre sa mi- gration.

D'après plusieurs auteurs, le Dreissena habiterait les mers Caspienne et Baltique. Le peu de salure de leurs eaux paraîtrait convenir aux Mollusques, qui finissent par se modifier au point de vivre dans les eaux complétement douces, sans un atome de principe salin. On conçoit alors facilement l'introduction de ces animaux à laide des barques et des navires contre lesquels ils se sont fixés.

D'autres pensent que, pendant la traversée en mer, les coquilles sont hermétiquement closes, ce qui nous semble inadmissible, car il arrive que les navires stationnent fort longtemps dans les parages maritimes, ce qui détermine- rait l’asphyxie des Mollusques. Nous croyons plutôt que le peu de salure de ces eaux est la seule cause de leur accli- matation.

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L'animal, qui, attaché à la coque des navires, s’est in- troduit du Danemark et de la Hollande dans tous les cours d'eau de l’Allemagne, de la Belgique et de la France, à pénétré par le Rhin, la Meuse, l'Escaut, la Somme, la Loire, la Seine, la Saône et le Rhône, et est arrivé dans l'étang de Thau à Cette, M. Fontan l’a signalé.

M. Lambert l’a signalé dans le canal du Midi, à Tou- louse, le 26 octobre 1862, et dans le canal latéral, au pont des Demoiselles, en mars 1865. M. Lacaze-Duthiers s’aperçut de sa présence dans la gare du canal, à Agen, en 4865, et nous, dans Ja Garonne, en septembre 1865.

L'introduction de ce Mollusque dans le Sud-Ouest est attribuée, à Toulouse, au stationnement de quarante jours des canonnières revenant de la Baltique. Nous ne savons si le fait est positif, mais nous pensons qu'il est plus natu- rel de l’attribuer à la navigation ordinaire, qui, par les barques du Rhône et de la Saône, abordant dans l'étang de Thau et remontant les canaux du Languedoc, du Midi et latéral à la Garonne, y a déposé de nombreux individus qui s y sont parfaitement reproduits.

Les barques, en se rapprochant des quais ou des autres embarcations, opèrent une sorte de frottement qui suffit pour faire détacher un certain rombre de Dreissena, qui, ne tardant pas à pondre, se reproduisent rapidement, sur- tout si lon considère le peu de puissance des courants dans les canaux, les écluses maintiennent les eaux dans un état de stagnation qui permet aux animaux une multi- plication extrême, à en juger d’après les cantons ils ont élu domicile depuis un certain nombre d'années, et qu'ils infestent par une agglomération extrème.

Nous ne savons pas encore si des essais ont été tentés en vue de juger de leurs qualités comestibles. Nous alitendrons que nos individus aient atteint une grosseur

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convenable pour les soumettre aux mêmes apprèts culi- naires que ceux employés pour le Mytilus edulis. Peut- être encore essayerons-nous les condiments employés dans certaines localités de l’Agenais pour la préparation des Anodontes et des Unio, sans avoir la prétention d'intro- duire un nouveau régal sur la table des gourmets.

$ IT. Ayant réuni un assez grand nombre d’indivi- dus, nous les élevons dans de petits Aquariums en verre, garnis, préalablement, de blocs caïcaires et de lemna minor, cette providence des eaux stagnantes.

Tous, sans exception, y gnt passé les hivers de 1865- 66-67 dans un état parfait qui nous a permis de les étu- dier à toute heure et en toute saison.

Nous avons consulté le remarquable travail de M. Van Beneden, et l’insistance qu’il met à refuser à notre Mol- lusque un organe de locomotion nous semble un peu trop absolue. Se basant sur le dire de Poli, le naturaliste belge donne à l’appendice musculaire qui sort du milieu infé- rieur des valves le nom de languelte. Selon lui, cet organe serait plutôt destiné à la préhension, au tact, qu’à toute autre fonction, excepté celle de fixer le byssus.

Nous croyons cependant, en tenant compte des analo- gies, que le pied des Anodontes, des Unio, dés Cyclades et des Pisidies est absolument semblable à la languette des Dreissena, et que, puisque le nom de pied n’a pas été contesté aux animaux des premiers genres, on ne saurait, sans parti pris, le dénier à ceux du dernier.

Or, surtout chez les Cyclas et Pisidium, il est bien fa- cile de voir fonctionner l'appareil tendineux et extensible connu sous le nom de pied, et de le voir aider l'animal à grimper, à se mouvoir, à changer de place, tout le long des tiges des plantes aquatiques, à ramper mème contre la

ONE Surface de l’eau, la coquille en bas, à marcher enfin dans tous les sens.

Comment en pourrait-il être autrement chez les Dreis- sena ?

La réponse ne saurait se faire attenäre, car, pénétré de l’idée que l'organe en question ne pouvait se borner à filer le byssus {si toutefois il le filait) et à fixer la coquille, nous dirigeâmes nos observations sur quelques individus et nous ne tardâmes point à acquérir la conviction que ce qu'on nommait languette était bien un organe de reptation, un véritable pied, comme celui des Anodonta, des Unio, des Cyclas et des Pisidium !

Nous avons, à plusieurs reprises, surpris des Dreissena coupant leur byssus pour changer leur station et ramper sur la partie verticale du verre de l’Aquarium. Leur ma- nière de se mouvoir est une sorte de tàtonnement préa- lable, suivi d'un léger glissement, puis d’un rapproche- ment assez subit de ja partie postérieure, quiressemble à la marche saccadée des chenilles nommées géomètres, ou bien encore à celle des Annélides hirudinées ; mais nous croyons qu'une sécrétion de mucosité accompagne tou- jours ces mouvements et donne plus d’adhérence au pied sur les surfaces unies et verticales du verre : le pied est alors très-extensible, très-transparent, incolore vers les bords, blanc de lait et très-épais vers le point d’attache du muscle. Nous avons suivi la marche de deux individus, en ayant le soin de tracer les contours de leurs coquilles, à l'encre, sur le verre; il nous a été facile, de cette manière, d’en constater toutes les évolutions. Ainsi, nous en avons vu un couper son byssus, se laisser choir en bas de la pierre sur laquelle il était fixé, puis, après deux heures de repos, Commencer à grimper contre la paroi de l’Aqua- rium. Arrivé à environ 8 centimètres, il obliqua à gauche,

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rampant horizontalement; il s'arrêta, après avoir parcouru 10 centimètres, et vint se placer en filant son byssus qui. après dix-huit heures, comptait déjà 27 fils (4).

Ce Dreissena demeura deux mois et demi à cette place ; mais, le 20 janvier, il coupa son byssus et grimpa le long du vase jusqu'au niveau de l’eau; là, il s'arrêta, fila un nouveau byssus dans une position verticale un peu oblique et parut fort se complaire ainsi près de l’air libre. Nous traçûmes ses contours sur le verre avec beaucoup de soin, en nous abstenant de renouveler l’eau, et en laissant à une lente évaporation le soin de baisser le niveau jusqu’à ce que notre Mollusque füt complétement privé de son élément humide. Cest ce qui arriva : les siphons furent bientôt privés de liquide; alors l’animal tordit son byssus et se renversa complétement, de façon à présenter à l'air la majeure partie de sa coquille, tandis que les siphons qui étaient dirigés vers l’orifice de l’Aquarium, quelques instants auparavant, plongeaient en entier dans le liquide. Cependant l’évaporation s’opérait graduellement, et, le 2 mars, l'animal était absolument hors de l'eau. Nous observämes avec attention ce qu'il allait devenir, et le soir, vers dix heures, nous le vimes opérer plusieurs mou- vements et puis rouler tout à coup au fond de l'Aqua- rium.

C'était donc pour la quatrième fois que ce Hollusque avait eu son byssus coupé : la première , lorsque nous l’avions brusquement arraché aux pierres du canal, à Agen, et trois fois par son action directe dans notre Aqua- rium.

Depuis, il s’est fixé de nouveau sur un fragment de cal-

(4) Le 16 mars 1866, à trois heures de l’après-midi, un autre individu s'arrêta après avoir parcouru {2 centimètres et en avoir laissé la trace contre les matières en suspension sur le verre.

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caire, et nous attendons qu'il nous offre de nouveaux su- jets d'observation, surtout lorsque, au lieu d’être enfermé dans notre cabinet, nous pourrons le laisser à l'air exté- rieur et à la chaleur (1).

L'autre individu, sur lequel nous avions fixé notre at- tention, n'a changé de station qu’une fois, mais en s’y prenant identiquement de même et en recherchant, comme son camarade, les parties les plus éclairées.

Nous concluons de ces diverses observations que, pour nous, l’organe nommé languette par M. Van Beneden est semblable au muscle tendineux des Cyclades et des Pasi- des, et constitue, chez les Dreissènes, comme chez ces Mollusques, un véritable pied servant à la reptation.

N. B. Nous avons rapporté nos Dreissena à lAqua- rium d'eau douce de l’exposition de 1867 qui nous a été confié, et nous avons eu la satisfaction de les voir se développer et expulser de jeunes individus. Nous espérons en avoir en suffisante quantité pendant la durée de l'été, ce qui nous permettra de les observer sur place. B. G.

Réponse aux observations faites par M. Jeffreys sur mon Catalogue des eoquilles marines des côtes de l'Espagne et des Baléares,

PAR J. GONZALEZ HIDALGO.

J'ai lu avec plaisir les observations faites sur mon cata- logue par M. Jeffreys : elles ne peuvent qu'être d'une

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